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Peu importe que l’on vous observe. L’important est de ne pas se laisser voir.

Le monde traverse une période d’instabilité et de conflits. Les informations recueillies par les systèmes de surveillance permettent de réaliser des actions rapides et brutales. En maîtrisant l’art de la duperie, les forces armées peuvent reprendre l’avantage tactique et stratégique.

Quelque part dans le monde, un général d’armée se prépare pour une nouvelle journée. Dans la lumière grise du matin, il termine sa tasse de café, range son arme de poing dans son holster et franchi la porte en direction de sa voiture.

Tout paraît normal.

Pendant des décennies, les forces armées se sont focalisées sur des opérations extérieures généralement asymétriques. Dès lors, de graves lacunes sont apparues dans la manière de surveiller les autres puissances militaires. Des lacunes qui se font particulièrement sentir dans les situations de « zone grise », quand la guerre n’est pas encore ouverte mais que la paix reste incertaine.

Bien que le général ne le sache pas, il est ainsi au centre d’une opération de surveillance numérique très intrusive. Un éventail d'«yeux » électroniques suit chacun de ses mouvements. Des capteurs thermiques, radar, optiques transmettent des informations en temps réel à son adversaire. Des observateurs indésirables sont bien là, avec lui.

Lorsque le général arrive à son poste de commandement, les capteurs affinent leurs données pour le localiser précisément, épier ses conversations et déterminer sa signature électromagnétique complète. Des armes à longue portée, pouvant frapper n’importe où dans le monde, pourraient être engagées contre lui en quelques minutes.

Depuis la fin de la guerre froide, les forces armées se sont habituées aux opérations de contre-insurrection : elles ont appris à délimiter le théâtre d’engagement et à en restreindre l’accès. Même si elles ont affronté de sérieux adversaires sur le terrain, leur domination évidente dans les domaines aérien, spatial, maritime et électromagnétique leur a permis de fixer les règles du jeu.

Malheureusement, ce manque de symétrie a eu un effet néfaste sur leurs capacités de camouflage, dissimulation et duperie (Camouflage, Conceal & Decept - CCD). L’absence de conséquences apparentes a conduit les armées à devenir négligentes dans la gestion de leurs émissions électromagnétiques et à délaisser également les concepts de CCD au niveau tactique et stratégique.

La prise en compte des changements de paradigmes n’a pas pour autant permis de pleinement comprendre et de prioriser le CCD. En témoigne le fait que la plupart des forces armées ont alloué bien plus de moyens –plusieurs ordres de grandeur d’écart– à l’acquisition de capteurs destinés à détecter l’ennemi qu’aux technologies permettant de contrer les capteurs adverses.

Des opérations basées sur les capteurs

Pendant ce temps, les puissances qui n’étaient pas engagées dans des opérations de contre-insurrection ont peaufiné leurs moyens de surveillance, avec des stratégies offensives construites autour de l’utilisation de divers capteurs.

Ainsi, certaines capacités ont été développées afin de faciliter la prise de territoire et la domination du champ de bataille sans même avoir besoin d’une structure de forces sur le terrain. Un engagement basé sur des capteurs a seulement besoin d’avoir des « yeux » et une capacité de frappe. En première approximation, si de telles capacités étaient mises en œuvre, on pourrait estimer que jusqu’à 80% des pertes le seraient sans même avoir pu apercevoir l’ennemi. En effet, les effecteurs à longue portée, mis en œuvre via les données recueillies par les senseurs déportés, ont désormais une capacité d’action globale.

Les forces armées modernes peuvent ainsi observer, détecter, hiérarchiser et engager des tirs à longue portée depuis n'importe quelle plate-forme dans n'importe quel domaine, contre n'importe quelle autre plate-forme dans n'importe quel autre domaine

A l’heure où vous lisez ces lignes, l’avenir est déjà en marche, et le développement des capacités de frappe se reposant sur des réseaux de capteurs s’annonce exponentiel. Des exemples récents ont montré l’usage de drones de surveillance équipés de capteurs thermiques hautement sophistiqués, ouvrant la voie à de simples drones armés capables de causer des ravages sur le champ de bataille. Tout cela appartient pourtant déjà au passé. Dès aujourd’hui, le capteur principal pourrait bien être un radar SAR à bord d’un satellite, fournissant des données en temps réel pour guider le tir de missiles de croisière lancés par un sous-marin. Demain, le cycle d’engagement sera encore plus court. Il s’appuiera sur de multiples réseaux de capteurs et d’effecteurs, communiquant et se coordonnant en permanence, n’attendant que l’ordre d’un opérateur humain pour déclencher le tir !

Les technologies commerciales de senseurs et de drones ont révolutionné cette approche du combat basée sur les capteurs, entrainant par là même une véritable prolifération dans ce domaine. En effet, pour seulement quelques centaines de dollars américains, n’importe qui peut acheter un mini-drone et l’équiper de capteurs optiques et thermiques avancés. Pour environ mille dollars, les données SAR haute résolution de toute la planète peuvent être achetées auprès des opérateurs de satellites commerciaux. Des zones mesurant 10km par 15km peuvent être observées avec un niveau de détails remarquable. De fait, il n’existe aucun endroit situé hors de portée des capteurs modernes, et ces derniers n’ont jamais été aussi abordables.

Reprendre l’initiative

Dès lors, comment ces capacités peuvent-elles être perturbées et contestées ? Fait intéressant, bien qu’il s’agisse d’une problématique très contemporaine, l’une des solutions-clés réside dans une très ancienne stratégie : la duperie. S’il n’est pas possible d’échapper au regard de l’adversaire, cela ne signifie pas que ses yeux ne peuvent pas être bernés.

En utilisant des leurres et une gestion sophistiquée des signatures multispectrales, les objectifs devant être protégés peuvent se fondre dans l’arrière-plan. Les intentions peuvent être dissimulées et les formations et positions camouflées, perturbant les processus décisionnels adverses et permettant de reprendre l'initiative. Le camouflage, la dissimulation et la duperie offrent ainsi des avantages stratégiques et tactiques indéniables, qui s’avèrent bien souvent indispensables à la victoire. En d’autres termes, le cours de la bataille peut être inversé en effectuant un retour vers le futur, en tirant parti de doctrines anciennes qui se voient renforcées par des systèmes de pointe.

Les techniques de duperie doivent être pensées comme une capacité inter-domaines pouvant être exploitées à tous les niveaux, du décideur dans son QG jusqu’aux plateformes et aux soldats sur le terrain. Elles doivent être conçues pour pouvoir intégrer tous les équipements et être déployées auprès de toutes les unités et formations, afin de faciliter leur capacité à opérer, à se mouvoir, à s’abriter et à tenir le terrain. Tous les militaires, de l’échelon décisionnel au niveau tactique le plus bas, peuvent tirer parti de la ruse et de la duperie.

Pour l’équipage d’une plateforme, être capable de voir l’ennemi avant d’être soi-même détecté revient, d’une certaine manière, à arrêter le temps quelques secondes. En s’assurant l’initiative, l’équipage s’assure la victoire.

L’objectif principal du camouflage est de permettre d’effectuer des déploiements, des préparatifs et des manœuvres militaires sans se faire remarquer. Un camouflage efficace trompe les capteurs adverses, leur donnant la fausse impression qu’aucune troupe ou équipement n’est présent sur place, et que la zone ne mérite pas d’inspection plus approfondie. Les leurres, quant à eux, sont utilisés pour inciter l’ennemi à prendre de mauvaises décisions et à entreprendre des actions inutiles. Ce qui revient à le priver de l’initiative.

Sur le plan historique, on peut ainsi rappeler le rôle clé que les leurres ont joué durant la Seconde Guerre mondiale. Des chars, avions, parachutistes et barges de débarquement factices ont régulièrement été utilisés pour détourner l’attention de l’ennemi des véritables plans d’attaque.

Afin d’être efficaces aujourd’hui, les leurres doivent afficher des signatures appropriées, en émettant dans les longueurs d’onde balayées par les capteurs ennemis. Un camouflage trompeur et l'utilisation de fausses signatures peuvent aider à perturber les processus de prise de décision de l’adversaire, réduisant d’autant le risque que ce dernier affine ses recherches. De fait, ces méthodes de dissimulation contribuent à neutraliser le cycle d’engagement des systèmes de frappe se reposant sur des réseaux de capteurs.

Saab produit des systèmes de camouflage Barracuda multispectraux et absorbant les fréquences radio, mais conçoit également des leurres avancés capables de figurer aussi bien des troupes que des plateformes tactiques ou des objectifs de grande valeur. Nous comprenons qu'une duperie efficace repose sur une analyse complète des signatures. Nos ingénieurs analysent les signatures thermiques, visuelles et radar des équipement devant être dissimulés, et ils conçoivent ensuite des technologies leur permettant de se fondre dans l'arrière-plan. Notre gamme de solutions de camouflage Barracuda comprend des filets de camouflage, des équipements individuels et des systèmes intégrés à diverses plateformes. La gamme Barracuda fournit ainsi les capacités nécessaires pour contrer la menace que représente les systèmes de frappe se reposant sur des capteurs.

En résumé, la duperie est un état d'esprit qui crée les conditions préalables pour vaincre un adversaire. Les technologies de duperie avancées, impliquant des leurres et une gestion adéquate des signatures, s’avèrent être une force hautement disruptive. Lorsqu’elles sont mises en œuvre en combinaison avec un comportement opérationnel adéquat, des senseurs passifs et de bons outils de renseignement, ces technologies peuvent véritablement briser le processus d’engagement d’un adversaire de haut rang.

Revenons-en à notre général. Quel message avons-nous pour lui ?

Général, ne soyez pas une cible. Si nous pouvons vous voir, n'importe qui peut le faire. Protégez-vous, vos troupes et vos ressources, et empêchez les regards indiscrets de lire vos intentions. Reprenez l'avantage, tant tactique que stratégique.